Le gouvernement canadien doit réinstaller les réfugiés palestiniens de l'Irak

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Conseil canadien pour les réfugiés
Communiqué

Pour diffusion immédiate

LE GOUVERNEMENT CANADIEN DOIT RÉINSTALLER LES RÉFUGIÉS PALESTINIENS FORCÉS DE FUIR l’IRAK

25 mars 2009 - Le Conseil canadien pour les réfugiés a demandé publiquement aujourd’hui au gouvernement fédéral de réinstaller certains des réfugiés palestiniens qui ont été forcés de fuir l’Irak mais qui n’ont pu trouver l’asile nulle part ailleurs. Les réfugiés sont coincés dans des camps dangereux à la frontière entre l’Irak et la Syrie, attendant d’être acceptés par un pays pour la réinstallation.  

« Nous sommes profondément déçus que le gouvernement canadien n’ait offert la protection et un foyer à aucun de ces réfugiés » a dit Elizabeth McWeeny, présidente du CCR. « Les Palestiniens font partie des personnes les plus vulnérables parmi celles qui ont été forcées de fuir l’Irak. Cependant, le gouvernement canadien refuse de considérer les Palestiniens comme candidats à la réinstallation parmi les places allouées aux personnes déplacées de l’Irak. Ceci équivaut à de la discrimination – ces réfugiés sont privés de la réinstallation au Canada uniquement parce qu’ils sont palestiniens. »

Les réfugiés palestiniens ont fui les assassinats, les enlèvements, la torture et les menaces de mort en Irak, mais contrairement aux réfugiés irakiens, ils n’ont pu entrer dans les pays voisins pour demander l’asile. En septembre dernier, l’ONU a émis un appel urgent demandant aux pays d’offrir la réinstallation à ces réfugiés en détresse.

Gloria Nafziger a représenté le CCR au sein d’une délégation internationale d’ONG qui a visité les réfugiés palestiniens en novembre dernier.

« Lors de ma visite aux camps d’Al Tanf et Al Hol, j’ai discuté avec des hommes, des femmes et des enfants qui vivent dans des conditions extrêmement difficiles » a dit Gloria Nafziger, membre du comité exécutif du CCR. « Les enfants ont demandé à être libérés de ces camps isolés dans le désert. Ils ont présenté une pièce de théâtre dans laquelle ils voyagent jusqu’à la planète Mars pour trouver la compassion et un endroit sûr pour vivre – ce qu’ils ne trouvent pas sur la terre. »

En novembre dernier, le CCR a écrit au ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration Jason Kenney pour lui demander de répondre favorablement à l’appel de l’ONU.  Aucune réponse n’a encore été reçue.  Dans les faits, le gouvernement ne réinstalle aucun de ces réfugiés palestiniens par le biais du programme gouvernemental.  Les groupes canadiens peuvent répondre par le biais du programme de parrainage privé.

« Des groupes au Canada, dont les Églises, ont exprimé leur volonté de soutenir les réfugiés palestiniens déplacés. Le gouvernement doit faire preuve d’un engagement similaire pour consolider cette volonté » a dit Alfredo Barahona, coordonnateur du programme des réfugiés de KAIROS - Initiatives œcuméniques canadiennes pour la justice, un mouvement de changement social lié aux Églises. « KAIROS demande donc à notre gouvernement de répondre immédiatement à l’appel de l’ONU. »

« Les réfugiés palestiniens de l’Irak ont souffert de menaces, de torture et d’assassinats. Ils vivent dans des conditions effroyables dans des camps de réfugiés près de la frontière syrienne » a dit Alex Neve, secrétaire général, Amnesty International Canada. « Amnesty International demande au gouvernement canadien d’exercer un rôle de leadership et de mettre en place un généreux programme de réinstallation pour les réfugiés palestiniens de l’Irak. »

« Les Palestiniens forcés de fuir l’Irak se trouvent dans une situation bien pire que les autres réfugiés de l’Irak parce qu’ils sont apatrides » a dit Jehad Aliweiwi, directeur de Thorncliffe Neighbourhood Office.  « Le Canada peut leur offrir la sécurité dont ils ont grand besoin et un foyer accueillant. »

Pour des informations supplémentaires, voir le Document d’information, http://ccrweb.ca/documents/palestiniens2009.htm.

CONTACTS:
Colleen French, Conseil canadien pour les réfugiés, 514-277-7223 poste 1,
cfrench@ccrweb.ca
Adiat Junaid, KAIROS: Initiatives oecuméniques canadiennes pour la justice, (416) 463
5312, poste 223, ajunaid@kairoscanada.org, www.kairoscanada.org

 

LE GOUVERNEMENT CANADIEN DOIT RÉINSTALLER LES RÉFUGIÉS PALESTINIENS FORCÉS DE FUIR l’IRAK

DOCUMENT D’INFORMATION
Mars 2009

Les réfugiés palestiniens forcés de fuir l’Irak
Au moment de l’invasion états-unienne de l’Irak en mars 2003, il y avait environ 34 000 Palestiniens à Bagdad, dont plusieurs étaient des réfugiés – ou les descendants de réfugiés – déplacés en 1948.  Suite au renversement de Saddam Hussein, les Palestiniens sont devenus la cible de violence.  Des Palestiniens en Irak ont été arrêtés de façon arbitraire, détenus, calomniés publiquement, kidnappés, torturés, attaqués et tués.

Afin d’échapper à la persécution, de nombreux Palestiniens ont fui.  Contrairement aux citoyens irakiens, cependant, la plupart des Palestiniens se sont vus refuser l’entrée en Syrie et en Jordanie, parce qu’ils sont apatrides, sans perspective dans l’immédiat d’une solution durable.  Ils sont donc coincés à la frontière irako-syrienne, dans les camps d’Al Hol, Al Tanf et Al Waleed.

Les conditions dans les camps sont extrêmement difficiles et dangereuses.  La sécurité et l’accès aux services médicaux sont limités.  Les camps sont situés dans le désert, où les écarts de température sont extrêmes et les tempêtes de sable fréquentes.

La réinstallation vers un tiers pays constitue la seule solution viable pour ces réfugiés.

Pour des informations supplémentaires, voir :

L’appel du Haut-Commissariat des Nations-Unies pour les réfugiés (HCR)
Face à l’insuffisance des offres de réinstallation et à la détérioration des conditions dans les camps, le HCR a lancé un appel urgent l’automne dernier en faveur de la réinstallation des réfugiés palestiniens.  Quelques pays ont commencé à réinstaller un petit nombre de Palestiniens.

Pour des informations supplémentaires, voir :

La réponse canadienne
Le Conseil canadien pour les réfugiés a écrit à Citoyenneté et Immigration Canada en octobre 2008 et, suite aux élections fédérales, au nouveau ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration en novembre 2008, pour presser le Canada à réinstaller des réfugiés palestiniens tel que demandé par l’appel du HCR.  Amnesty International Canada, KAIROS: initiatives œcuméniques canadiennes pour la justice, le Comité central mennonite, le PWRDF (l’Église anglicane du Canada) et la Conférence des évêques catholiques du Canada ont envoyé des demandes similaires.
 
Le gouvernement n’accepte aucun de ces réfugiés palestiniens dans le programme de réinstallation gouvernementale.

Pendant ce temps, des groupes au Canada se proposent de répondre aux réfugiés palestiniens par le biais du Programme de parrainage privé de réfugiés, qui permet à la société civile d’offrir la réinstallation à certains réfugiés, en plus des réfugiés pris en charge par les gouvernements du Canada et du Québec.  Cependant, ces groupes se rendent compte que beaucoup de Palestiniens font partie de grandes familles liées et/ou ont des besoins spéciaux.  Dans de telles circonstances, la pratique normale veut que le gouvernement partage les coûts en réinstallant certains des réfugiés dans le cadre du programme gouvernemental et/ou en appuyant les réfugiés ayant des besoins spéciaux par le biais du Parrainage d’aide conjointe.  Dans le cas de ces réfugiés palestiniens uniquement, ces deux types d’appui gouvernemental sont exclus.

Pour des informations supplémentaires, voir :

Parrainage de réfugiés : Parrainage d’aide conjointe,
http://www.cic.gc.ca/francais/refugies/parrainer/pac.asp