Un an plus tard : Les réfugiés doivent être exemptés de l’interdiction de voyager et de franchir la frontière!

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Le Conseil canadien pour les réfugiés demande au gouvernement du Canada de reconnaître que les déplacements des réfugiés sont essentiels, et d’introduire des exemptions aux mesures de voyages liées à la pandémie pour les personnes en cours de réinstallation en tant que réfugiés et pour celles qui entrent pour présenter une demande d’asile.

Il y a un an, alors que le Canada se confinait en raison de la pandémie, de nouvelles règles de voyage ont été introduites, bloquant sévèrement l’entrée au pays des réfugiés. Ces interdictions font que :

  • Le Canada refuse l’entrée aux réfugiés ayant besoin de se réinstaller, à moins qu’ils n’aient obtenu leur visa de résident permanent en date du 18 mars 2020.
  • Le Canada renvoie certaines personnes demandant l’asile à la frontière canado-américaine. Cela constitue une violation de nos obligations légales les plus fondamentales envers les réfugiés.

Après un an, nous ne pouvons plus prétendre qu’il s’agit d’une mesure courte et temporaire. Nous savons qu’il est possible de protéger la santé publique tout en respectant nos obligations légales et humanitaires envers les réfugiés.

Une exemption aux interdictions de voyager et de franchir les frontières pour les personnes à la recherche de protection au Canada s’impose!

Les réfugiés sont en danger en attendant leur réinstallation

Les réfugiés à l’étranger en attente de réinstallation au Canada vivent dans des conditions précaires, souvent dans des situations de déplacement prolongé. La pandémie ne fait qu’accroître leur vulnérabilité.

Des milliers de réfugiés ont vu leur demande de réinstallation au Canada interrompue par le confinement et l’interdiction de voyager. Il s’agit de personnes qui ont été parrainées par des groupes au Canada ou qui ont été recommandées au Canada par le HCR en raison de leur vulnérabilité particulière. Ils ne sont pas en sécurité et ne peuvent pas attendre indéfiniment que le Canada lève l’interdiction de voyager.

Les personnes sont renvoyées aux États-Unis où elles sont détenues

En vertu de l’interdiction de franchir la frontière, des personnes qui tentent de présenter une demande de statut de réfugié au Canada sont « renvoyées temporairement » aux États-Unis, où elles sont remises aux autorités américaines. Certaines ont été immédiatement détenues et ont passé des mois en détention, dans des conditions épouvantables, notamment dans le contexte de la COVID. Une personne a déjà été expulsée vers son pays d’origine; plusieurs autres sont sous la menace imminente d’une expulsion. Leurs droits sont violés.

Les droits des réfugiés et la santé publique peuvent tous deux être protégés

Au cours des douze derniers mois, nous avons constaté qu’il est possible de réinstaller des personnes en toute sécurité au Canada ou de les faire entrer pour présenter une demande d’asile, sans compromettre la santé publique. Les organismes gouvernementaux, les parrains et marraines et les ONG collaborent pour s’assurer que toutes les mesures nécessaires, comme la quarantaine et les tests COVID obligatoires, sont respectées.

Le public canadien est prêt à accueillir les réfugiés

Au cours de l’année dernière, de nombreux organismes communautaires et de nombreux particuliers ont montré qu’ils étaient disposés et en mesure d’accueillir en toute sécurité les quelques personnes qui ont pu entrer au pays. Ils ont également développé les outils et les ressources nécessaires pour accueillir un plus grand nombre de personnes qui ont un besoin urgent d’un chez eux sécuritaire au Canada.

Mars 2021