Le Conseil canadien pour les réfugiés demande au gouvernement du Canada de respecter ses obligations fondamentales envers les réfugiés en mettant fin à l’interdiction touchant les demandes d’asile présentées à la frontière avec les États-Unis, une mesure qui a été mise en place dans le contexte de la pandémie.

Le gouvernement canadien justifie son interdiction des demandes d’asile comme étant nécessaire pour des raisons de santé publique. Cela n’a jamais été acceptable, puisque les déplacements des réfugiés sont essentiels. Le gouvernement canadien doit démontrer qu’il n’exploite pas cette pandémie pour restreindre davantage l’accès des réfugiés au pays.

Maintenant que le Canada a assoupli ses règles afin d’admettre des voyageurs tels que les touristes vaccinés et les athlètes internationaux, il est scandaleux que la porte demeure fermée aux personnes qui se présentent à nos frontières en recherche de protection.

Le gouvernement canadien a déjà démontré que nous pouvons protéger la santé publique tout en respectant nos obligations légales et humanitaires envers les réfugiés. Il n’y a aucune excuse pour garder les frontières fermées à ce groupe de personnes.  

L’interdiction de franchir la frontière, qui vient d’être renouvelée jusqu’au 21 novembre, interdit les demandes d’asile entre les points d’entrée. Ainsi, les personnes qui tentent de présenter une demande sont « renvoyées temporairement » aux États-Unis, où elles sont remises aux autorités américaines, qui peuvent les détenir et les déporter. Le gouvernement canadien prétend que les personnes renvoyées pourront revenir au Canada à une date ultérieure, mais il n’y a aucun engagement quant à la date de leur retour. En renvoyant des personnes qui se trouvent à nos frontières, le Canada risque d'être complice de la violation de leurs droits si elles sont expulsées des États-Unis et subissent des persécutions dans leur pays d'origine.

Le maintien de l’interdiction par le Canada ne peut être justifié par la pandémie, et contrevient à nos obligations internationales en matière de droits humains. L’expérience des derniers mois et le fait que de nombreux voyageurs entrent au Canada quotidiennement confirment que les gens peuvent entrer en toute sécurité pour présenter une demande, sans compromettre la santé publique.

L’interdiction des réfugiés à la frontière doit être levée afin de se conformer aux obligations légales fondamentales du Canada envers les réfugiés. De nombreux Canadiens sont troublés par la fermeture de notre frontière aux réfugiés et souhaitent que le Canada accueille les personnes qui fuient la persécution dans leur pays d’origine.

Le 11 novembre 2021