Inquiétante vague de rejet par le Canada de réfugiés érythréens au Caire

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Conseil canadien pour les réfugiés

Communiqué

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Inquiétante vague de rejet par le Canada de réfugiés érythréens au Caire

30 novembre 2009 - Le Conseil canadien pour les réfugiés a exprimé aujourd’hui sa préoccupation face à une récente vague de refus des demandes de réinstallation au Canada faites par des réfugiés érythréens au Caire. Dix demandes de contrôle judiciaire ont été déposées à la Cour fédérale vendredi dernier, 27 novembre.

« Les réfugiés érythréens sont extrêmement vulnérables en Égypte, et ils ne peuvent de toute évidence pas retourner en Érythrée, où les violations des droits humains sont très répandues. Il est donc crucial que le Canada prenne des décisions justes dans leur cas » a dit Elizabeth McWeeny, présidente du CCR. « Étant donné le nombre de cas refusés récemment, et les motifs discutables de refus, nous somme très inquiets quant à l’accès qu’ont ces réfugiés à une audience juste. »

Le CCR demande au gouvernement de cesser de rejeter les réfugiés au Caire jusqu’à ce que ces questions soient étudiées. Les demandes de contrôle judiciaire incluent également une demande d’injonction.

Le CCR est préoccupé depuis longtemps par la qualité des décisions concernant des réfugiés prises par les bureaux de visas canadiens outremer. Certains agents ont une formation limitée sur la détermination du statut de réfugié et les décisions sont sans appel. Citoyenneté et Immigration Canada a mené un examen de l’assurance de la qualité des décisions concernant les réfugiés dans les bureaux de visas en 2008, mais n’a pas encore rendu publics les résultats.

Le CCR a entendu parler d’une vague soudaine de refus de demandes de la part des réfugiés au Caire à la mi-octobre et a communiqué ses préoccupations à Citoyenneté et Immigration Canada. Les cas connus du CCR impliquent tous une conclusion que le demandeur n’est pas crédible.

« Il est clair que nous nous attendons à ce que les agents de visas vérifient la crédibilité des demandeurs » a dit Mme McWeeny. « Mais nous nous attendons également à ce qu’ils le fassent avec une ouverture d’esprit et des informations précises sur la région. Ils doivent avoir des raisons convaincantes pour conclure que le demandeur ne dit pas la vérité. Quand on voit une vague de réfugiés rejetés pour des raisons de crédibilité, sur des bases franchement futiles, on est en droit de se demander s’il n’y a pas un préjugé envers les demandeurs. »

Parmi les raisons du rejet de la crédibilité des demandeurs, on retrouve le fait que l’agent des visas ne croyait pas qu’il pouvait n’y avoir que deux gardiens pour vingt prisonniers ou que le demandeur aurait adhéré ou commencé à travailler pour l’église pentecôtiste après que celle-ci fut bannie.

Les décisions laissent croire également à une mauvaise compréhension de la façon d’appliquer la définition de réfugié. Une décision déclare sans nuance que se soustraire au service national ne constitue pas un motif de persécution ou de violation des droits humains, mais de récentes lignes directrices du HCR mentionnent clairement que le service militaire est politisé en Érythrée et que ceux qui refusent de le faire sont à risque de persécution (Directives d’admissibilité du HCR pour l’évaluation des besoins de protection internationale des demandeurs d’asile en provenance d’Érythrée, avril 2009).

« La situation des droits humains en Erythrée est désastreuse : la détention arbitraire et la torture sont courantes et les religions minoritaires sont réprimées » a déclaré Tewolde Yohannes, un Érythréen-Canadien vivant à Calgary. « En tant qu’Érythréen ayant subi et fui de tels abus, je suis navré de voir des compatriotes érythréens en quête de sécurité être rejetés par un décideur qui manque clairement de connaissances de base sur la réalité de l’Érythrée. »

Le CCR rassemble présentement d’autres preuves concernant des cas de refus au Caire et envisage de faire une analyse plus approfondie de la qualité de la prise de décisions pour les demandes faites par des réfugiés.

Contact : Colleen French, coordonnatrice de la communication du CCR, (514) 277-7223 poste 1