Les réfugiés ont besoin de protection, sans discrimination

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Conseil canadien pour les réfugiés

Communiqué

Pour diffusion immédiate

Les réfugiés ont besoin de protection, sans discrimination

Le 17 septembre 2009. Le Conseil canadien pour les réfugiés a déploré aujourd’hui les récents commentaires du ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration Jason Kenney suggérant que les demandeurs d’asile au Canada sont de « faux réfugiés » et que « les vrais réfugiés » se trouvent outremer.

« Nous rejetons totalement l’idée simpliste et erronée selon laquelle les « vrais » réfugiés ne se trouvent qu’à l’étranger » a déclaré Elizabeth McWeeny, présidente du Conseil canadien pour les réfugiés (CCR). « Qu’ils soient au Canada ou outremer, les réfugiés ont le même droit à la protection et le même besoin de protection. Lors d’une réunion récente, les membres du CCR ont exprimé leur profonde consternation face au langage méprisant du ministre lorsqu’il parle des demandeurs d’asile et face à sa suggestion que ces derniers puissent être échangés contre des réfugiés outremer. »

En vertu de la Convention des Nations Unies relative au statut des réfugiés, le Canada a des obligations juridiques envers les personnes qui sont au Canada et qui demandent notre protection.  L’année 2009 marque le 40e anniversaire de la signature par le Canada de cet instrument fondamental de la protection des réfugiés.

« Notre diocèse finance un service de ministère aux demandeurs d’asile » a dit Monseigneur Ronald P. Fabbro, évêque du Diocèse catholique romain de London.  « J’ai rencontré des demandeurs d’asile et par l’entremise de notre service diocésain, je  peux témoigner qu’ils ont un besoin urgent de la protection du Canada.  Tel que mentionné dans la lettre pastorale de 2006 de la Conférence des évêques catholiques du Canada ‘Se basant sur le principe de la dignité fondamentale de chaque être humain et sur l’éthique de vie qui en découle, l’Église catholique ne fait aucun compromis concernant les droits des personnes réfugiées … l’Église enseigne que les pays doivent veiller à ce que les droits des réfugiés soient assurés et  respectés autant que les droits de leurs propres citoyens.’ »

Les commentaires du ministre ont été cités dans un article de la revue Embassy, “Resources better spent on UN-approved refugees: Kenney” (Des ressources mieux dépensées pour les réfugiés approuvés par l’ONU: Kenney), publié le 9 septembre 2009, suggérant que les réfugiés qui revendiquent la protection au Canada sont moins dignes de protection que ceux qui sont à l’étranger.

En indiquant sa préférence pour le traitement des demandes à l’étranger, le ministre ne tient aucun compte des graves problèmes du système canadien de réfugiés outremer. Le traitement des demandes prend des années et l’arriéré comprend 30 000 cas. Dans le débat public au sujet de la réforme du système de protection des réfugiés au cours des derniers mois, plusieurs ont dit du système de protection au Canada qu’il est « brisé », sans mentionner les défaillances du système outremer : la logique semble être « loin des yeux, loin du cœur ».

« Beaucoup de réfugiés à l’étranger n’ont pas accès à l’ONU et leur situation est trop dangereuse pour qu’ils attendent qu’une solution vienne à eux » a déclaré Adeena Niazi, directrice de l’Afghan Women’s Organization à Toronto. « Pour certains, la façon la plus sûre de sauver leur vie est de venir au Canada et de faire une demande d’asile. Nous ne devons pas discriminer les réfugiés, selon qu’ils soient ici ou à l’étranger. »

« Le Canada compromet son statut de chef de file dans la protection des réfugiés lorsque son gouvernement oppose sans réfléchir les « faux » demandeurs ici aux « véritables victimes de persécution » à l’étranger » a déclaré Ed Wiebe, coordonnateur pour les réfugiés au Comité central mennonite du Canada.  « En tant qu’organisme ayant travaillé avec des milliers de réfugiés – ceux outremer en quête de réinstallation et des demandeurs d’asile au Canada – nous savons que ce n’est pas aussi simple que le laisse croire le ministre. Nous risquons de renvoyer des réfugiés méritants si nous faisons des distinctions selon l’endroit d’où ils viennent et l’endroit où ils réussissent à attirer notre attention. »

Le CCR condamne fermement le fait d’étiqueter les demandeurs d’asile comme étant des « faux ». 42% des demandes d’asile au Canada sont acceptées. Parmi les demandes refusées, on retrouve des personnes refusées à tort qui seraient reconnues comme réfugiées si le gouvernement mettait en œuvre le droit d’appel prévu par la loi. D’autres ne répondent pas à la définition étroite de réfugié, mais ont fui une situation de discrimination ou de risque généralisé. Selon les membres du CCR, la rhétorique du ministre à propos des « faux demandeurs » non seulement crée un climat négatif envers les réfugiés au Canada, mais elle bloque l’accès des demandeurs aux services nécessaires, à cause des préjugés voulant que les demandeurs soient « faux ».

Le CCR demande depuis des décennies des changements au système canadien de détermination du statut de réfugié, notamment pour s’assurer que les décideurs soient hautement qualifiés et que les erreurs puissent être corrigées. Le CCR a également recommandé au gouvernement à de nombreuses reprises des mesures pour décourager les personnes qui n’ont pas besoin de la protection du Canada de faire une demande d’asile. Malheureusement, le ministre Kenney n’a pas consulté le CCR.

Le CCR estime que la plupart des Canadiens sont préoccupés par le sort des réfugiés ayant besoin de protection, qu’ils soient ici ou à l’étranger, et veulent que le Canada respecte ses obligations légales et morales envers les réfugiés.

Contacts:

Janet Dench, Directrice du CCR, 514-277-7223, poste 2
Gilbert Iyamuremye, Diocèse catholique romain de London, Ministère aux réfugiés parrainés par le secteur privé, 519-256-0506
Adeena Niazi, Directrice, Afghan Women’s Organization, 416-588-3585, poste 222 (en anglais)
Ed Wiebe, coordonnateur pour les réfugiés au Comité central mennonite du Canada, 204-261-6381, poste 227 (en anglais)