Des politiques sévères ne freineront pas les passeurs et l’arrivée de demandeurs d’asile

Les personnes fuyant la persécution n’ont souvent pas d’autre choix que de se tourner vers un passeur pour fuir. De nombreux réfugiés, peut-être même la majorité, utilisent des passeurs pour arriver au Canada. Les moyens utilisés par ces personnes pour arriver au Canada - par avion, par bateau ou par voie de terre - ne nous expliquent pas les raisons qui les ont contraintes à fuir leur pays. Pour décider si elles ont besoin de notre protection nous devons savoir pourquoi elles ont fui et à quels dangers elles seraient exposées en cas de retour. Nous avons un système de détermination du statut de réfugié pour l’établir. 

C’est injuste et immoral de punir les réfugiés et d'autres personnes en quête de protection pour décourager les passeurs. C’est par ailleurs inefficace. Les réfugiés fuient des situations désespérées et ils feront tout ce qui est nécessaire pour sauver leur vie. Ils sont rarement informés des politiques en vigueur dans le pays où ils arrivent, et parfois ne connaissent même pas leur destination.

L’Australie a mis en place des mesures punitives dans le but de décourager l’arrivée des réfugiés : cela n’a pas marché. En 2008, le gouvernement australien a mis fin aux « Visas de protection temporaires », expliquant que ceux-ci n’avaient pas atteint l’objectif : « Les preuves montrent que le “VPT ” n’a eu aucun effet de dissuasion. En effet, le nombre de femmes et d’enfants effectuant des traversées dangereuses a augmenté. »