Le Parlement prive les réfugiés d'un appel sur le fond

Version imprimable
Date: 
11 déc 2009

Hier, le 10 décembre, la Chambre des communes a fêté la Journée des droits humains par la défaite du projet de loi C-291, qui aurait donné aux demandeurs d'asile accès à un appel sur le fond.

On peut se demander combien de députés se sont rendus compte de l'ironie - immédiatement après avoir annoncé la défaite du projet de loi, le président de la chambre a présenté à tous les députés ses meilleurs voeux pour la période des Fêtes.

Il ne pensait pas à Grise, la jeune femme assassinée de façon brutale plus tôt cette année au Mexique, qui serait peut-être en vie aujourd'hui si le Canada offrait aux réfugiés un appel.

Il ne pensait pas aux familles réfugiées qui font face aujourd'hui à la déportation parce que leur demande d'asile a été rejetée à tort.  Elles passeront peut-être les Fêtes à risque de persécution dans leur pays d'origine, ou peut-être seront-elles réfugiées dans une église, si elles en trouvent une prête à leur offrir la protection dont le gouvernement canadien les prive.

Entre-temps, le ministre Jason Kenney fêtait la défaite du projet de loi C-291 sur Twitter, en nous disant qu'elle évite l'ajout "d'un autre palier d'appel" et qu'elle économise de milliers des dollars - "une victoire pour les contribuables".

Autre ironie, quelques heures plus tôt le ministre Kenney faisait référence au Saint-Louis, le navire transportant des réfugiés juifs refusés par l'Amérique du Nord il y a 70 ans, avec comme résultat l'assassinat de la plupart des passagers dans l'Holocauste.

Nous pleurons sur les réfugiés à qui on a honteusement refusé la protection dans le passé, mais nous n'avons rien appris quant à notre responsabilité envers les réfugiés qui demandent aujourd'hui notre protection.