Des droits sans mise en application ne sont pas des droits
De nombreux cas documentés font état d’exploitation ou d’abus envers les travailleurs migrants sans que ceux-ci n’aient de recours effectif. En fait, les travailleurs sont souvent pénalisés suite au dépôt d’une plainte, se faisant déporter ou congédier. Pour l’instant, le seul système de surveillance existant permet aux employeurs de s’y inscrire sur une base volontaire. La nature optionnelle du système de surveillance rend celui-ci inefficace – les employés qui violent les droits de leurs travailleurs n’ont aucune raison de participer et, ainsi, ils évitent la découverte de telles violations.
Nous demandons que les lieux de travail employant des travailleurs migrants temporaires peu qualifiés soient surveillés par un système externe et obligatoire.
L’accès à la résidence permanente
La plupart des travailleurs migrants peu qualifiés n’ont pas accès à la résidence permanente contrairement aux candidats au Programme des aides familiaux résidents et aux travailleurs migrants considérés hautement qualifiés en vertu du programme Catégorie de l’expérience canadienne.Les programmes fédéraux de travailleurs migrants
temporaires font donc de la discrimination sur la base de la catégorie de qualification. Dans un contexte où la majorité des travailleurs migrants temporaires peu qualifiés proviennent du sud et ont, comme rare option, de quitter leur pays et de trouver un emploi afin de nourrir leur famille, ils sont prêts à travailler dans des conditions qui seraient inacceptables pour les Canadiens. En leur offrant comme seule solution la migration temporaire, le Canada marginalise ces travailleurs, dont la plupart sont racisés. Le Canada est passé d’un État considérant l’immigration comme une stratégie pour construire la nation à un pays qui utilise les travailleurs migrants peu qualifiés comme main-d’œuvre peu coûteuse et dont on peut disposer. Le Canada devrait plutôt reconnaître la contribution de tous les types de travail à l’économie et la société canadienne.
Nous demandons que les travailleurs migrants appartenant à toutes les catégories de qualifications puissent appliquer pour obtenir la résidence permanente.
L’accès aux services
Les travailleurs migrants temporaires n’ont pas accès aux services d’établissementdans toutes les provinces sauf l’Alberta. Ils ont souvent un accès restreint aux soins de santé, à de l’information médicale, sur les services dans leur communauté et sur leurs droits légaux. Les travailleurs migrants paient des impôts et contribuent à des programmes sociaux auxquels ils n’auront jamais accès.
Nous demandons que les travailleurs migrants temporaires soient éligibles aux services fédéraux d’établissement.
Les travailleurs migrants sont utilisés afin de répondre à une demande de main-d’œuvre qui n’est pas temporaire. Cette demande est permanente. Utiliser des travailleurs migrants jouissant de moins de droits que les résidents permanents pour combler des emplois à long-terme constitue de l’exploitation. C’est néfaste pour les travailleurs et c’est aussi néfaste pour le Canada.
