Déclaration conjointe sur la Section d’appel des réfugiés
Journée
mondiale du réfugié, 20
juin 2005
En
cette
Journée mondiale du réfugié, Amnistie
internationale, KAIROS: Initiatives
canadiennes œcuméniques pour la justice et le Conseil canadien
pour les réfugiés
soulignent que le système canadien de reconnaissance du statut
de réfugié doit
inclure un droit d’appel permettant de réviser les
décisions négatives. Un
appel sur le fond, de nature quasi-judiciaire et indépendant,
constitue un
élément nécessaire pour tout système de
reconnaissance du statut de réfugié
pouvant être qualifié de juste.
L’appel sur le fond est essentiel
afin d’assurer que les réfugiés au Canada soient
traités avec justice. Tant la
Commission interaméricaine des
Droits de l’Homme que le Haut-Commissariat des Nations unies pour les
réfugiés
ont indiqué que l’absence d’appel constitue un défaut
fondamental dans le
système canadien de reconnaissance du statut de
réfugié.
Lors de l’adoption de la Loi sur
l’immigration et la protection des réfugiés en 2001, nous
avons accueilli
favorablement la création, par la nouvelle Loi, de la Section
d’appel des
réfugiés. Cependant, la Section d’appel des
réfugiés n’a jamais été mise en
œuvre. En adoptant la Loi, le Parlement a accepté une certaine
procédure pour
la reconnaissance du statut de réfugié.
La suppression du droit d’en appeler d’une décision
négative modifie de
façon cruciale la Loi, n’est pas conforme aux décisions
rendues par les
législateurs et ne respecte pas le processus démocratique.
Les mécanismes actuels de révision
ne sont pas suffisants pour protéger les réfugiés. Priver les demandeurs d’asile de leur droit
d’appel entraîne de graves
conséquences : il peut en résulter que les
réfugiés
soient refoulés vers la persécution, voire la torture ou
la mort, dans leur
pays d’origine.
Le gouvernement canadien continue de ne pas
mettre en œuvre les dispositions de la Loi sur l’immigration et la
protection
des réfugiés qui donneraient aux demandeurs d’asile un
droit d’appel intégral
face à une décision qui leur réfuse le statut de
réfugié. Le Canada a la
responsabilité de protéger les réfugiés.
Notre processus actuel de reconnaissance du statut de
réfugié n’est pas
conforme aux normes internationales de protection.
Le Canada doit mettre en œuvre la Section d’appel des
réfugiés.
Amnistie
internationale
KAIROS:
Initiatives canadiennes œcuméniques pour la justice
Conseil
canadien pour les réfugiés